Les assistants d’intelligence artificielle sont devenus des interlocuteurs du quotidien. Travail, problèmes personnels, relations amoureuses ou questions financières : les utilisateurs leur confient des informations qui peuvent être sensibles.
Mais discuter avec une IA ne revient pas exactement à tenir une conversation confidentielle avec un professionnel soumis au secret. ChatGPT et Claude proposent des protections, mais celles-ci dépendent notamment des paramètres choisis.
Une conversation avec une IA n’est pas totalement confidentielle
Un échange avec une intelligence artificielle passe par les infrastructures de l’entreprise qui fournit le service. Le contenu peut donc être stocké et traité selon les règles de confidentialité du service. Dans ChatGPT, les conversations classiques restent notamment dans l’historique jusqu’à leur suppression par l’utilisateur.
La question devient particulièrement sensible avec les echanges intimes dans chatgpt. Une personne peut raconter une rupture, décrire un problème familial ou communiquer des informations professionnelles. Or, l’impression de discuter seul avec une machine ne signifie pas que le contenu bénéficie d’un secret comparable à celui applicable à certaines professions.
OpenAI précise toutefois ne pas vendre les données personnelles des utilisateurs et ne pas partager leurs conversations avec des annonceurs ou partenaires marketing.
ChatGPT et Claude permettent de limiter l’utilisation des conversations
Les deux services proposent désormais des paramètres permettant à l’utilisateur de mieux contrôler l’utilisation de ses échanges. Leur fonctionnement présente cependant des différences qu’il faut connaître avant de transmettre des informations sensibles.
ChatGPT permet de désactiver l’entraînement
Sur les comptes personnels, OpenAI propose l’option « Improve the model for everyone ». Lorsqu’elle est désactivée, les nouvelles conversations restent accessibles dans l’historique, mais elles ne servent plus à entraîner les modèles. ChatGPT propose également les conversations temporaires. Elles ne figurent pas dans l’historique, ne créent pas de nouveaux souvenirs et ne sont pas utilisées pour améliorer les modèles. OpenAI peut néanmoins en conserver une copie pendant une durée maximale de 30 jours pour des raisons de sécurité.
Claude propose aussi un choix sur les données
Anthropic permet aux utilisateurs de Claude Free, Pro et Max de choisir si leurs conversations peuvent contribuer à l’amélioration de ses modèles. Lorsque cette autorisation est accordée, les nouvelles conversations ou celles qui sont reprises peuvent être conservées pendant cinq ans. Sans autorisation pour l’entraînement, Anthropic indique appliquer une période de conservation de 30 jours. L’entreprise précise également que la suppression d’une conversation empêche son utilisation pour l’entraînement futur des modèles.
Supprimer une conversation ne produit pas toujours un effet immédiat
Dans ChatGPT, supprimer une conversation la fait disparaître immédiatement de l’interface du compte. OpenAI indique ensuite programmer sa suppression définitive de ses systèmes dans un délai maximal de 30 jours. Des exceptions peuvent cependant exister lorsque les données ont déjà été dissociées du compte ou lorsqu’une obligation légale ou de sécurité impose une conservation plus longue.
Cette distinction entre disparition de l’écran et suppression des systèmes montre pourquoi les paramètres de confidentialité doivent être examinés avant de communiquer des informations sensibles.
Les informations sensibles demandent toujours de la prudence
Les réglages proposés par chatgpt et Claude permettent donc de réduire l’utilisation ou la conservation des conversations. Ils ne transforment cependant pas ces assistants en espaces où toute information peut être communiquée sans précaution. Un utilisateur peut éviter d’indiquer des mots de passe, des coordonnées bancaires complètes, des documents confidentiels ou des informations permettant d’identifier inutilement une autre personne.
Le type de compte utilisé compte également. Les règles applicables aux offres professionnelles peuvent différer de celles des comptes personnels. OpenAI indique, par exemple, que les contenus provenant de ChatGPT Business, Enterprise et Edu ne sont pas utilisés par défaut pour entraîner ses modèles. Anthropic exclut également ses services soumis aux conditions commerciales de son dispositif d’entraînement destiné aux comptes grand public.
Les conversations avec une intelligence artificielle ne sont donc ni publiques par défaut ni comparables à un journal intime totalement inaccessible. ChatGPT et Claude proposent des paramètres permettant de limiter l’entraînement des modèles et la conservation de certaines discussions. Pour les sujets sensibles, la meilleure protection consiste à vérifier ces réglages et à réduire les données personnelles transmises. Une règle simple demeure : une information dont la divulgation pourrait causer un préjudice mérite d’être anonymisée ou de rester hors du chatbot.



