Thélyson Orélien : Samuel Fitoussi derrière « Balance ton Claude »

La polémique autour de Thélyson Orélien prend un nouveau tournant. Le Figaro révèle que Samuel Fitoussi, chroniqueur du quotidien et investisseur dans l’intelligence artificielle, est à l’origine du compte X « Balance ton Claude », qui a accusé l’écrivain d’avoir rédigé son roman presque entièrement avec une IA.

« Balance ton Claude » accusait le roman d’être écrit par IA

L’affaire éclate le 21 septembre 2026. Quelques heures après l’attribution du prix du Roman Fnac à Thélyson Orélien pour C’était ça ou mourir, un compte X encore peu connu, « Balance ton Claude », affirme avoir analysé plusieurs extraits du livre avec Pangram, un logiciel spécialisé dans la détection de textes générés par intelligence artificielle.

Le compte assure obtenir presque systématiquement des résultats indiquant « 100 % IA » et en conclut que le roman aurait été « presque intégralement » généré artificiellement. La publication devient rapidement virale, avec plusieurs millions de vues.

Ces résultats ne constituent toutefois pas une preuve définitive de l’utilisation d’une IA. Les détecteurs fonctionnent sur des probabilités et leurs résultats peuvent être contestés, notamment lorsqu’ils sont appliqués à des textes littéraires. À ce stade, aucun élément indépendant n’établit que le roman a été presque entièrement produit par une intelligence artificielle.

Samuel Fitoussi se cachait derrière le compte

Le 24 septembre, Le Figaro dévoile l’identité du créateur du compte. Il s’agit de Samuel Fitoussi, né en 1997, essayiste et chroniqueur du même quotidien. Diplômé de HEC et de Cambridge, il se présente également sur X comme un « investisseur en IA ».

Fitoussi est notamment l’auteur de Woke Fiction – Comment l’idéologie change nos films et nos séries, publié en 2023, puis de Pourquoi les intellectuels se trompent en 2025.

La révélation attire d’autant plus l’attention que Samuel Fitoussi faisait partie des premiers comptes suivis à avoir relayé publiquement l’accusation lancée par « Balance ton Claude ». Le Monde l’avait déjà identifié, avant que son rôle derrière le compte ne soit connu, parmi les profils ayant fortement contribué à diffuser la publication initiale.

Selon Le Figaro, le créateur de « Balance ton Claude » explique vouloir lutter contre le « slop », terme employé pour désigner la masse de contenus de faible qualité produits automatiquement par IA, et contribuer à restaurer la confiance envers l’écriture humaine.

Thélyson Orélien rejette catégoriquement les accusations

De son côté, Thélyson Orélien nie avoir confié la rédaction de son roman à une machine. L’écrivain québécois d’origine haïtienne affirme avoir commencé C’était ça ou mourir à l’automne 2017 et achevé un premier jet en 2019.

« On peut discuter de mon style, mais faire de ses procédés des preuves d’intelligence artificielle n’a rien à voir avec la critique littéraire », a-t-il déclaré dans une réaction transmise par Grasset. Sa maison d’édition lui a renouvelé sa « confiance absolue » et condamné les propos malveillants visant l’auteur.

Le roman, paru chez Boréal au Canada avant sa publication française chez Grasset, connaît un succès important. Plus de 35 000 exemplaires avaient été vendus en France en cinq semaines. L’ouvrage figure également dans plusieurs sélections de grands prix littéraires, dont le Goncourt, le Renaudot, le Femina et le Médicis.

La polémique dépasse désormais la seule question de l’IA

La révélation sur « Balance ton Claude » déplace une partie du débat. L’affaire ne porte plus seulement sur la fiabilité de Pangram ou sur l’éventuel usage d’une IA par un écrivain. Elle interroge aussi les conditions dans lesquelles une accusation anonyme a pu acquérir une telle visibilité.

Le dossier s’est encore épaissi avec l’apparition d’accusations distinctes concernant de possibles emprunts à d’autres ouvrages. Le Figaro a notamment évoqué des ressemblances avec Le Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier. Ces soupçons de plagiat doivent cependant être distingués des accusations initiales sur l’intelligence artificielle.

Pour Thélyson Orélien, l’enjeu est désormais considérable. Son roman phénomène se retrouve au centre d’un débat mêlant création littéraire, outils de détection d’IA, anonymat sur les réseaux sociaux et responsabilité dans la diffusion d’accusations difficiles à démontrer.

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Josias ATTADE
Josias ATTADE
Rédacteur tech spécialisé sur l'Afrique, je décrypte la révolution numérique du continent à travers des analyses approfondies. Cryptomonnaies, blockchain, intelligence artificielle : mes articles explorent comment ces technologies transforment l'économie, la gouvernance et la société africaines.

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