Donald Trump veut imposer le terme « superintelligence » à la place d’« intelligence artificielle » aux États-Unis. Le 8 octobre 2026, le président américain a même qualifié d’« ennemis » de la Maison-Blanche ceux qui continueraient à utiliser l’ancienne appellation, relançant le débat sur sa politique technologique.
Pourquoi Trump veut-il rebaptiser l’intelligence artificielle ?
Le président américain a exprimé sa position dans une publication sur Truth Social, jeudi 8 octobre. Selon lui, la Maison-Blanche considère désormais comme un ennemi quiconque emploie l’expression « intelligence artificielle » plutôt que « superintelligence ».
Cette déclaration s’inscrit dans une campagne engagée depuis plusieurs semaines pour modifier la manière dont les États-Unis désignent cette technologie.
Donald Trump estime que le mot « artificielle » donne une image trompeuse des capacités des systèmes informatiques modernes. À ses yeux, l’expression « superintelligence », ou « Super Intelligence » en anglais, serait plus valorisante et plus appropriée.
Il avait déjà défendu cette nouvelle terminologie devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre, affirmant qu’elle sonnait mieux.
Mais sa dernière déclaration franchit une étape supplémentaire. Le président ne se contente plus de promouvoir une appellation : il présente son utilisation comme une marque d’adhésion à la politique de son administration.
Aucune sanction particulière n’a toutefois été annoncée contre les entreprises, chercheurs ou citoyens qui continueraient à employer le terme traditionnel.
Un décret impose déjà la superintelligence dans l’administration américaine
Cette offensive linguistique repose sur une décision officielle prise avant la publication du message présidentiel.
Le 29 septembre 2026, Donald Trump a signé le décret 14434, intitulé « Inaugurating the Era of Super Intelligence ».
Le texte demande aux agences fédérales d’adopter les expressions « Super Intelligence » et « SI » dans leurs communications et documents, dans la mesure où la législation le permet.
Cette obligation concerne principalement le fonctionnement de l’administration fédérale. Elle ne constitue pas une interdiction générale de prononcer ou d’écrire « intelligence artificielle » aux États-Unis.
La distinction est importante : les entreprises privées, les médias et les citoyens ne sont pas soumis à une obligation équivalente.
La transition présente également des difficultés pratiques. De nombreux textes juridiques, programmes publics et documents administratifs utilisent toujours le vocabulaire traditionnel.
Selon Axios, certaines pages officielles de la Maison-Blanche continuaient d’ailleurs à employer l’expression « intelligence artificielle » après l’annonce du changement.
Quelle différence entre intelligence artificielle et superintelligence ?
Dans le domaine scientifique, les deux expressions ne désignent pas exactement la même chose.
L’intelligence artificielle regroupe les technologies capables d’accomplir des tâches habituellement associées à l’intelligence humaine, comme comprendre un texte, reconnaître une image, traduire une langue ou résoudre certains problèmes.
La superintelligence désigne généralement une capacité intellectuelle qui dépasserait largement les performances humaines dans presque tous les domaines cognitifs.
Il s’agit d’une perspective théorique, distincte des capacités actuellement démontrées par les systèmes commercialisés.
Même les modèles les plus avancés présentent encore des limites importantes, notamment des erreurs de raisonnement, des réponses inexactes et des difficultés à garantir la fiabilité de leurs résultats.
Employer systématiquement le mot « superintelligence » pour désigner les technologies actuelles pourrait donc créer une confusion entre des outils déjà disponibles et des capacités futures encore incertaines.
Cette distinction explique pourquoi plusieurs spécialistes contestent la pertinence scientifique du changement voulu par Donald Trump.
Elon Musk soutient le changement, mais le secteur reste divisé
L’initiative présidentielle commence néanmoins à trouver un écho dans certaines entreprises technologiques américaines.
Le 4 octobre, Elon Musk a annoncé son intention de renommer SpaceXAI en SpaceXSI, une décision qui reprend directement la terminologie privilégiée par Donald Trump.
D’autres dirigeants technologiques ont également manifesté leur intérêt pour cette nouvelle appellation, sans que l’ensemble du secteur adopte une position commune.
Des entreprises comme OpenAI continuent toutefois à utiliser le terme « intelligence artificielle » dans leur communication.
Au-delà de cette bataille de vocabulaire, la Maison-Blanche poursuit une politique destinée à renforcer la domination technologique américaine, notamment face à la Chine.
Washington cherche à accélérer l’innovation, soutenir les infrastructures de calcul et développer les applications commerciales et stratégiques de ces technologies.
Mais les interrogations sur la sécurité des systèmes, leur consommation énergétique et leur encadrement restent entières.
La volonté de Donald Trump de rebaptiser l’intelligence artificielle pourrait ainsi modifier durablement la communication des institutions fédérales. Rien ne garantit cependant que cette nouvelle appellation remplacera le vocabulaire scientifique et industriel établi depuis plusieurs décennies.



