Donald Trump a lancé le 29 septembre America.gov, un portail fédéral qui utilise l’intelligence artificielle pour simplifier l’accès aux services publics américains. La plateforme doit progressivement devenir un point d’entrée unique vers les principales démarches administratives en ligne.
America.gov centralise plus de 29 000 sites gouvernementaux
America.gov veut résoudre un problème bien connu des usagers américains : la dispersion des informations entre des milliers de sites et d’agences. La General Services Administration (GSA) indique que la plateforme rassemble les informations provenant de plus de 29 000 sites gouvernementaux et les associe à un moteur de recherche enrichi par l’IA.
L’utilisateur peut formuler une question en langage courant sans connaître à l’avance l’administration compétente. Il peut par exemple chercher des informations sur Medicare, les prestations sociales, les passeports ou encore les services destinés aux anciens combattants. Les réponses s’appuient sur des sources gouvernementales et renvoient vers les documents d’origine.
« America.gov utilise l’IA pour fournir des réponses simples uniquement à partir de sources gouvernementales officielles », indique la plateforme. Le site se présente également comme gratuit, sans publicité et conçu pour protéger la vie privée des utilisateurs.
Les démarches administratives arriveront progressivement
Le lancement du portail ne signifie pas que toutes les formalités fédérales peuvent déjà être réalisées directement avec l’intelligence artificielle. Pour l’instant, America.gov sert surtout à rechercher des informations et à orienter les internautes vers les bons services.
La Maison-Blanche prévoit toutefois d’aller beaucoup plus loin. Selon sa fiche officielle, les Américains devraient pouvoir effectuer directement sur America.gov des démarches comme le renouvellement d’un passeport ou l’inscription à Medicare plus tard en 2026. De nouveaux services doivent ensuite être ajoutés à mesure que les agences fédérales connectent leurs systèmes.
Donald Trump a également signé un décret imposant l’intégration de nombreux services fédéraux au portail. Il prévoit notamment l’association de Login.gov, le système d’identification utilisé pour accéder à plusieurs administrations américaines. Certains domaines restent exclus, notamment les déclarations fiscales et plusieurs services sensibles liés à la sécurité nationale.
L’intelligence artificielle devient une porte d’entrée vers l’État
L’objectif dépasse donc la création d’un simple chatbot. America.gov doit progressivement servir de « porte d’entrée » numérique vers l’administration fédérale.
La GSA assure l’infrastructure du service avec le National Design Studio de la Maison-Blanche. Sa division Technology Transformation Services hébergera la plateforme. L’administration Trump souhaite ainsi réduire le temps passé par les citoyens à chercher le bon formulaire, la bonne agence ou le bon site officiel.
Selon la Maison-Blanche, les Américains consacrent environ 10 milliards d’heures par an aux formalités liées à l’administration fédérale. Ce chiffre, avancé par l’exécutif pour justifier la réforme, illustre l’ambition affichée : utiliser l’IA non seulement pour répondre aux questions, mais aussi pour simplifier directement l’exécution des démarches.
America.gov montre déjà les limites politiques de l’IA
Le lancement a toutefois rapidement révélé une difficulté inattendue. Associated Press a constaté que le chatbot apportait initialement, à partir de sources gouvernementales, des réponses qui contredisaient certaines déclarations de Donald Trump, notamment sur l’élection présidentielle de 2020, le changement climatique ou la possibilité d’un troisième mandat.
Certaines réponses ont ensuite été modifiées. Le système a commencé à refuser plusieurs questions politiques auxquelles il répondait auparavant, notamment celles concernant les élections ou certains éléments du parcours de Trump.
Cet épisode souligne l’un des principaux défis d’America.gov. Un portail reposant sur l’intelligence artificielle peut faciliter considérablement l’accès aux services publics, mais il doit aussi garantir la fiabilité, la neutralité et la stabilité de ses réponses. La plateforme elle-même reconnaît d’ailleurs que l’IA peut commettre des erreurs et recommande de consulter les sources officielles avant toute décision importante.



