L’utilisation de ChatGPT par les adolescents suscite de nouvelles interrogations. OpenAI apporte des éléments chiffrés sur les échanges entre les jeunes utilisateurs et son intelligence artificielle. Ces données permettent de mieux comprendre les risques liés aux conversations sensibles, notamment celles concernant la santé mentale.
Elles relancent également le débat sur la protection des mineurs et les responsabilités des entreprises technologiques.
OpenAI dévoile les premières habitudes d’utilisation des adolescents
Dans un rapport publié le 7 octobre 2026, OpenAI révèle que les adolescents passent en moyenne moins de 15 minutes par jour sur ChatGPT. Moins de 2 % d’entre eux utilisent également l’assistant pendant plus de trois heures consécutives.
Ces résultats interviennent alors que la course à l’intelligence artificielle pousse les entreprises technologiques à développer des outils destinés aux jeunes. OpenAI affirme vouloir privilégier l’apprentissage et la créativité plutôt qu’une utilisation prolongée de son assistant.
L’entreprise indique aussi que près de la moitié des conversations accompagnées d’un rappel de pause se terminent ou sont interrompues dans les cinq minutes suivantes.
Des chiffres qui confirment l’intérêt des jeunes pour l’apprentissage
Les données publiées par OpenAI mettent également en évidence l’utilisation des fonctionnalités éducatives de ChatGPT. Deux outils se distinguent particulièrement dans les statistiques communiquées.
Près de 1,2 million d’adolescents utilisent les visualisations éducatives
En une semaine, près de 1,2 million d’adolescents ont utilisé les visualisations pédagogiques de ChatGPT. Cette fonctionnalité permet de mieux comprendre des notions scientifiques et mathématiques grâce à des représentations visuelles. Les utilisateurs peuvent ainsi explorer des concepts difficiles à partir d’explications adaptées. OpenAI présente cet outil comme un moyen de favoriser la compréhension des cours, sans limiter l’apprentissage à la simple recherche de réponses immédiates aux exercices scolaires.
Plus de 180 000 jeunes utilisent le mode Étudier
Durant la même période, plus de 180 000 adolescents ont utilisé le mode Étudier de ChatGPT. Cette fonctionnalité accompagne les élèves dans leur raisonnement grâce à des questions, des indices et des explications progressives. L’objectif consiste à encourager une participation active plutôt que de fournir directement les solutions. Les jeunes peuvent notamment vérifier leurs connaissances, préparer des évaluations et approfondir des sujets abordés pendant leurs cours à l’école.
ChatGPT renforce ses fonctionnalités destinées aux mineurs
Depuis août 2026, OpenAI propose une expérience spécifique appelée ChatGPT for Teens. Elle s’applique automatiquement aux comptes identifiés comme appartenant à des utilisateurs de moins de 18 ans.
Cette version intègre des protections adaptées à leur âge, des rappels de pause et des outils de contrôle parental. OpenAI prépare également un assistant de planification universitaire pour accompagner les lycéens dans leurs démarches d’admission.
L’entreprise souhaite ainsi développer un environnement où les adolescents peuvent apprendre, organiser leurs projets et utiliser l’intelligence artificielle avec davantage de précautions.
La sécurité des adolescents reste au centre des préoccupations
Malgré ces résultats, la protection des mineurs continue de susciter des critiques. L’organisation Common Sense Media estime que les dispositifs de sécurité de ChatGPT présentent encore des insuffisances, notamment face aux conversations concernant l’automutilation et les troubles alimentaires. OpenAI conteste certaines conclusions de cette évaluation et défend les protections intégrées à son service.
Le débat dépasse désormais les fonctionnalités techniques. Alors qu’OpenAI réclame une réglementation de l’IA adaptée aux risques, les associations de protection de l’enfance demandent des garanties vérifiables. Elles souhaitent notamment que les entreprises rendent davantage de comptes sur les effets de leurs assistants conversationnels auprès des mineurs.
Les chiffres dévoilés par OpenAI montrent que ChatGPT occupe désormais une place dans les pratiques éducatives des adolescents. La durée moyenne d’utilisation reste limitée, mais les outils d’apprentissage attirent une population importante. Ces données ne suffisent toutefois pas à mesurer tous les risques liés aux interactions avec l’intelligence artificielle. Entre développement des fonctionnalités pédagogiques et protection des mineurs, OpenAI devra continuer à démontrer que son assistant peut accompagner les jeunes sans compromettre leur sécurité ni leur autonomie dans leurs usages quotidiens.



