Déployer davantage d’intelligence artificielle dans les hôpitaux africains ne suffira pas à améliorer les soins. Pour l’Organisation mondiale de la Santé, les États doivent surtout garder la maîtrise de leurs données et des technologies utilisées. Le 27 août 2026, son directeur régional pour l’Afrique, le professeur Mohamed Janabi, a appelé le continent à construire une IA médicale adaptée à ses propres priorités.
Transformer les données de santé en décisions utiles
Les pays africains investissent dans la numérisation de leurs systèmes de santé. L’OMS estime désormais nécessaire d’aller plus loin en transformant les données collectées en informations réellement exploitables par les professionnels.
L’IA peut jouer un rôle dans cette évolution. Selon Mohamed Janabi, elle possède un potentiel significatif pour renforcer les soins de santé primaires en Afrique.
L’objectif n’est pourtant pas de multiplier les outils d’IA sans mesurer leur utilité. Leur adoption doit reposer sur des preuves et répondre aux besoins définis par chaque pays.
Cette approche place directement les résultats médicaux au centre de l’évaluation. Le succès ne doit donc pas être mesuré par le nombre de technologies installées ou d’algorithmes utilisés.
Pour l’OMS, le véritable indicateur sera l’amélioration des décisions cliniques et de la qualité des soins reçus par les patients.
Cette logique oblige aussi les systèmes de santé à déterminer précisément les problèmes que l’IA doit résoudre avant de généraliser son utilisation.
La souveraineté technologique devient un enjeu sanitaire
L’autre message porté par l’OMS concerne la maîtrise de cette transformation. Les États africains ne doivent pas devenir de simples consommateurs de solutions conçues et contrôlées ailleurs.
L’organisation appelle les pays à s’approprier le développement de l’IA médicale afin de pouvoir déterminer comment ces technologies sont conçues, gouvernées et utilisées dans leurs infrastructures de santé.
Cette souveraineté suppose également une gouvernance responsable. Les outils déployés doivent rester alignés sur les priorités nationales plutôt que répondre uniquement aux possibilités offertes par la technologie.
La position défendue par Mohamed Janabi déplace ainsi le débat. La question n’est plus seulement de savoir combien investir dans l’IA ou à quelle vitesse l’introduire dans les systèmes médicaux africains.
Elle porte désormais sur la capacité des pays à convertir leurs données en outils utiles tout en conservant la maîtrise de leurs choix technologiques.
L’OMS invite ainsi l’Afrique à juger son avancée dans l’IA médicale à partir des résultats obtenus auprès des patients. Une technologie capable d’améliorer concrètement les décisions cliniques aura davantage de valeur qu’une multiplication de solutions numériques sans effet mesurable sur les soins.



