MTN s’allie à Tarek Al Ashram pour développer des infrastructures IA en Afrique

L’intelligence artificielle ne dépend pas uniquement des logiciels et des modèles capables de générer du texte ou d’analyser des données. Elle nécessite aussi d’importantes infrastructures informatiques. C’est sur ce terrain que MTN Group veut accélérer en Afrique. Le groupe s’associe à l’investisseur émirati Tarek Al Ashram pour créer Africa Data Hub Holding, une coentreprise chargée de développer des centres de données dédiés à l’IA sur le continent.

150 mégawatts prévus en Afrique du Sud et au Nigeria

MTN Group a annoncé le 27 août 2026 son partenariat avec Tarek Al Ashram, fondateur de Gulf Data Hub.

Les deux partenaires vont développer leurs infrastructures à travers une nouvelle société baptisée Africa Data Hub Holding. Son objectif est de construire des centres de données capables de répondre aux besoins liés au développement de l’intelligence artificielle en Afrique.

La première phase du projet se concentrera sur l’Afrique du Sud et le Nigeria. Elle doit représenter environ 150 mégawatts de capacité.

Ce chiffre permet de mesurer l’ambition initiale du projet. Les centres de données constituent l’infrastructure physique nécessaire au stockage, au traitement et à l’exploitation de grandes quantités de données. Les besoins deviennent encore plus importants lorsque ces installations sont destinées aux applications d’intelligence artificielle.

En choisissant l’Afrique du Sud et le Nigeria pour commencer, Africa Data Hub Holding concentre donc ses premiers investissements dans deux pays africains avant une éventuelle extension de son activité.

Les informations disponibles ne précisent pas encore le calendrier de construction, le montant des investissements nécessaires ou la répartition exacte des 150 mégawatts entre les deux marchés.

Le partenariat associe toutefois deux profils différents. MTN apporte son implantation africaine, tandis que Tarek Al Ashram arrive avec son expérience dans les infrastructures de données à travers Gulf Data Hub.

L’Afrique dispose de moins de 1 % des capacités mondiales

Le projet répond surtout à un déficit majeur identifié par MTN.

Selon le groupe, l’Afrique représente actuellement moins de 1 % de la capacité mondiale des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.

Cette faible proportion constitue un enjeu pour le développement local de l’IA. Derrière chaque service utilisant cette technologie se trouvent des capacités de calcul et de stockage. Sans infrastructures suffisantes, le développement d’applications et de services numériques avancés reste fortement dépendant des capacités disponibles ailleurs.

Africa Data Hub Holding veut intervenir précisément sur cette partie physique de l’écosystème technologique.

L’objectif ne consiste donc pas simplement à proposer un nouveau service numérique aux utilisateurs. Le projet vise à construire les installations sur lesquelles pourront fonctionner des usages liés à l’intelligence artificielle.

La capacité annoncée de 150 mégawatts pour la première phase montre aussi que les partenaires ne présentent pas leur initiative comme un projet pilote limité à quelques installations. Ils cherchent à développer une infrastructure d’une taille significative dès le lancement.

Le choix d’une coentreprise permet à MTN et Tarek Al Ashram de réunir leurs moyens autour d’une structure spécifiquement consacrée aux centres de données africains.

Une bataille pour héberger l’IA directement en Afrique

Le lancement d’Africa Data Hub Holding montre que la compétition autour de l’intelligence artificielle se joue également sur les infrastructures.

Pour l’Afrique, l’enjeu présenté par MTN est considérable. Avec moins de 1 % des capacités mondiales actuelles, le continent dispose encore d’une présence très limitée sur ce marché.

Le projet lancé avec Tarek Al Ashram cherche à réduire une partie de cet écart en commençant par deux économies africaines. Si la première phase atteint les 150 mégawatts annoncés, elle apportera de nouvelles capacités spécifiquement pensées pour accompagner les besoins croissants de l’IA.

Plusieurs éléments restent pourtant à préciser. Aucun calendrier détaillé de déploiement n’est fourni et le coût total du projet n’est pas indiqué. Les prochaines annonces devront donc permettre de connaître la vitesse à laquelle ces infrastructures pourront réellement entrer en service.

Pour MTN, Africa Data Hub Holding marque surtout un déplacement vers les fondations physiques de l’économie de l’IA. Le groupe ne cherche plus seulement à participer à la transformation numérique du continent. Avec son partenaire émirati, il veut aussi contribuer à construire les centres de données nécessaires pour que davantage de capacités liées à l’intelligence artificielle puissent être installées directement en Afrique.

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Luc GNANHOUI
Luc GNANHOUI
Spécialiste de l’actualité africaine, je produis des analyses stratégiques et des décryptages approfondis sur les transformations politiques, économiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres du continent.

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