Une start-up née à Dakar en 2022 s’apprête à changer de dimension. Tanel va intégrer Alan, groupe spécialisé dans les solutions numériques de santé, avec une ambition affichée : construire une structure capable de devenir une référence de la santé digitale en Afrique francophone d’ici 2030. L’opération associe deux forces complémentaires. Tanel apporte sa connaissance du marché ouest-africain et ses 70 000 membres, tandis qu’Alan met dans la balance son infrastructure technologique et son expérience auprès de plus d’un million de membres.
Tanel, quatre ans pour séduire 70 000 membres
Pour comprendre l’intérêt de cette opération, il faut revenir au problème auquel Tanel tente de répondre. Dans les entreprises, la gestion de la couverture santé des salariés peut devenir complexe, aussi bien pour l’employeur que pour les bénéficiaires. La jeune pousse sénégalaise a choisi de numériser la gestion des prestations et des bénéficiaires afin de rendre ces services plus simples, accessibles et transparents.
Fondée en 2022 par Mouhamed Ndoye et Makhtar Diop, Tanel a rapidement trouvé son marché. Sa croissance a été multipliée par sept au cours de l’année 2025. En 2026, la société accompagne déjà plus de 70 000 membres au Sénégal et en Côte d’Ivoire.
Ces chiffres permettent de comprendre pourquoi Tanel peut intéresser un acteur international. Une technologie performante ne suffit pas toujours pour pénétrer un nouveau marché. Il faut également connaître les besoins des entreprises, comprendre les habitudes des utilisateurs et disposer d’un réseau commercial capable de convaincre les clients.
Tanel apporte précisément cette implantation locale. Son développement au Sénégal et en Côte d’Ivoire lui donne une expérience concrète de deux marchés ouest-africains. La start-up dispose aussi d’une marque déjà connue de ses utilisateurs et d’un canal de distribution construit au fil de son expansion.
Pour Tanel, l’intégration à Alan répond à une autre problématique : comment passer rapidement à une échelle supérieure ? La société sénégalaise peut désormais s’appuyer sur les moyens technologiques et opérationnels d’un groupe beaucoup plus important.
Alan en Afrique : l’alliance entre technologie et connaissance du terrain
Créé en 2016 par Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin, Alan couvre aujourd’hui plus d’un million de membres répartis dans des dizaines de milliers d’entreprises. Le groupe est présent en France, en Belgique et en Espagne et prépare également son expansion au Canada et en Arabie saoudite.
Son rapprochement avec Tanel repose donc sur une logique de complémentarité. Alan possède la technologie et la capacité de déploiement ; Tanel possède l’ancrage régional, les clients et la connaissance du terrain.
Cette distinction aide à comprendre la portée de l’opération. Plutôt que de construire entièrement son implantation africaine, Alan peut s’appuyer sur une entreprise qui dispose déjà de dizaines de milliers de membres. Tanel peut, de son côté, enrichir ses services sans devoir bâtir seule toute l’infrastructure nécessaire à une expansion de grande ampleur.
La nouvelle structure doit évoluer sous l’identité « Alan en Afrique ». L’objectif annoncé est ambitieux : faire émerger une référence de la santé digitale en Afrique francophone à l’horizon 2030.
Cette fusion-acquisition raconte aussi quelque chose de l’évolution de la Tech africaine. Une start-up locale peut créer de la valeur non seulement grâce à sa technologie, mais aussi grâce à sa capacité à comprendre son marché et à y construire un réseau solide. Dans le cas de Tanel, ses 70 000 membres et sa croissance rapide deviennent des actifs recherchés par un groupe international.
Le véritable test commencera donc après l’intégration. La croissance multipliée par sept en 2025 montre la vitesse avec laquelle Tanel a progressé. Son association avec Alan doit maintenant permettre de transformer cette dynamique régionale en projet de plus grande ampleur. Si la stratégie annoncée se matérialise, « Alan en Afrique » cherchera à faire de l’expertise développée au Sénégal et en Côte d’Ivoire le point de départ d’une expansion plus large de la santé numérique en Afrique francophone.



